Une journée à Anuta

By Jade Anaïs Généreux Gamache | 8 July 2013| Les îles Salomon
2806 - I - Photo credit Jade Anaïs Généreux-Gamache Le repère des enfants. Le repère des enfants.
2805 - I - Photo credit Jade Anaïs Généreux-Gamache Aaron et Steven rapent du coco pour la cuisson du poisson. Aaron et Steven rapent du coco pour la cuisson du poisson.
2807 - I - Photo credit Jade Anaïs Généreux-Gamache L'allée centrale du village. L'allée centrale du village.
2808 - I - Photo credit Jade Anaïs Généreux-Gamache Le paysage d'Anuta. Le paysage d'Anuta.

Après le banquet d’accueil riche en émotions que nous ont préparé hier les gens d’Anuta, nous retournons aujourd’hui sur l’île pour vivre une journée typique anutienne. Nous voulons tout apprendre de leur quotidien. Lorsque notre guide Joseph nous demande ce que nous aimerions faire, nous lui répondons : « We want to do just like you. »

Il nous présente alors à sa famille. Ses deux neveux Aaaron et Steven s’empressent de nous montrer leur récolte de la matinée. Trois beaux poissons-perroquets qu’ils ont enfouis dans le sable jusqu’à ce qu’ils soient cuisinés pour le goûter de 10 h. Joseph tente de relancer sa ligne à l’eau, sans succès. Il nous dit qu’il se fait déjà tard pour la pêche. Il est 6 h du matin.

Je m’avance tranquillement sur la plage vers le cœur du village. À cet instant précis, tous les enfants que nous avions eu la chance de rencontrer hier accourent vers moi. Ils me prennent par le bras, le sourire fendu jusqu’aux oreilles, pour m’emmener dans leur repère secret, près des rochers. Deux d’entre eux gardent un œil sur les carapaces de crabes qui cuisent sur le feu en guise de collation matinale (ils ne doivent pas avoir plus de 4 ans ces deux-là!) alors que les autres s’affairent à nous faire asseoir en rond. Je comprends alors qu’ils veulent poursuivre le jeu que nous leur avions appris la veille. C’est un bon vieux jeu de camp que l’on nomme le chef d’orchestre. Aujourd’hui, j’ai l’honneur d’être le chef d’orchestre désigné pour cette ronde. J’entame quelques simagrées que tous imitent rapidement en chaîne, jusqu’à ce que Yohanna, au centre du cercle, me pointe du doigt avec un grand sourire : elle a deviné que j’étais le chef d’orchestre mystère! Tous éclatent en cœur d’un grand rire, franc et profond. Le genre de rire contagieux que les enfants ont le pouvoir de produire. Malgré l’absence de paroles, nous nous comprenons parfaitement à ce moment. Je me dis que c’est bien là le langage universel : le rire. Je me fais dévorer par le nuage de moustiques qui flotte autour de nous à toute heure du jour, mais même les nombreuses démangeaisons de piqûres ne pourraient faire tache d’ombre sur ce petit moment d’éternité, comme dirait Jean.

C’est dans ces moments qu’on réalise où se cache la quête universelle. Le plaisir et le bonheur résident dans le rire des gens qui nous entourent. Dans ces petits moments partagés ensemble à regarder l’oiseau, le coucher de soleil ou le paysage. C’est du moins la première chose que je retiendrai de notre séjour si chaleureux à Anuta.

Vous m’excuserez, la voix de la scientifique devra attendre à demain. Aujourd’hui, c’est celle de l’émotive qui a pris le dessus.

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