Dans l’Atlantique, déconnectés du monde virtuel

By Émilie Walsh | 2 July 2014| Transit from Namibia to Cap Verde
4181 - I - Photo credit Émilie Walsh Notre capitaine Jules St-Laurent communique avec la radio VHF Notre capitaine Jules St-Laurent communique avec la radio VHF
4180 - I - Photo credit Émilie Walsh Radar (gauche) et système de lecture de cartes électroniques (droite) sur écrans interchangeables Radar (gauche) et système de lecture de cartes électroniques (droite) sur écrans interchangeables
4179 - I - Photo credit Émilie Walsh La balise de détresse transmet à des satellites la position exacte des naufragés, l’identification du navire et son pays. La balise de détresse transmet à des satellites la position exacte des naufragés, l’identification du navire et son pays.
4178 - I - Photo credit Émilie Walsh Les deux radios MFHF du Sedna IV Les deux radios MFHF du Sedna IV
4177 - I - Photo credit Émilie Walsh Jules St-Laurant démontre comment mettre l'habit d'immersion lors d'un exercice d'incendie. Jules St-Laurant démontre comment mettre l'habit d'immersion lors d'un exercice d'incendie.

Ce matin au réveil, à plus de 200 milles nautiques 1 des côtes, impossible de se connecter à Internet! Le Sedna IV a déjà traversé des zones non couvertes par les satellites, comme ici dans l’Atlantique Sud, mais l’équipage parvenait quand même à se connecter. Quand pourrais-je faire parvenir ce journal de bord à mes collègues de Montréal? Peut-être pas avant une semaine à l’approche de la zone satellite de l’Atlantique Nord. Mais peut-être aussi que j’arriverai à me connecter ponctuellement. Mystère et boule de gomme!

Une petite nervosité s’immisce… Sur quoi écrirais-je dans les prochains jours si je ne peux pas faire de recherches d’information en ligne? Sans doute sur la vie à bord, mais même pour certains sujets en lien avec la navigation, il m’est arrivé de devoir valider certains renseignements sur le Web.

Je m’efforce donc de relativiser! Les navires ont d’autres moyens de communication beaucoup plus nécessaires qu’Internet. En cas de besoin, nous avons une ligne téléphonique qui fonctionne par satellite, peu importe notre position géographique. Plus importantes encore : les radios. D’ailleurs, conformément aux lois maritimes canadiennes et internationales, tout l’équipement radio à bord du Sedna IV est en double.

Les radios à très hautes fréquences (VHF) ont une portée restreinte d’environ 30 milles nautiques tandis que les radios à moyennes et hautes fréquences (MFHF) ont une portée pouvant atteindre 1000 milles nautiques. En cas d’urgence, en appuyant sur un bouton de détresse, l’équipage pourrait envoyer par écrit un message sur les ondes VHF aux navires environnants. Ensuite, un appel à l’aide serait lancé sur les ondes MFHF.

Imaginons maintenant un scénario catastrophe : l’abandon du navire. Une fois à bord de l’embarcation de sauvetage, il faudrait envoyer un signal satellite grâce à une balise de détresse. Celle-ci transmettrait la position exacte des naufragés, l’identification du navire et son pays. Ces données seraient ensuite recueillies par des stations terrestres qui enclencheraient le processus de recherche. Si l’équipage abandonnait le navire sans la balise, celle-ci serait libérée automatiquement grâce à un déclencheur hydrostatique lorsque le navire coulerait. Enfin, l’équipage doit aussi transférer à bord de l’embarcation de sauvetage un transpondeur radar. Cet appareil envoie un signal perçu par les radars des autres navires.

La perte temporaire d’Internet ne paraît plus si terrible quand la communication devient une question de vie ou de mort! Entre-temps, notre premier maître a trouvé le problème : notre cap! Comme le satellite est très loin et donc à une hauteur basse par rapport à l’horizon, les mâts créent de l’interférence entre notre antenne et lui. En changeant momentanément notre cap de 20º, j’ai pu communiquer avec mes collègues de Montréal. Il faudra sans doute dévier à nouveau de notre course pour que ces lignes se rendent jusqu’à vous!

1 Un mille nautique équivaut à 1852 mètres, donc 200 milles nautiques correspondent à 370 km.

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