Du harpon à la caméra

Par Daphné Laurier Montpetit | 27 mars 2013| Polynésie Française
40 - I - Crédit photo Jean Lemire
60 - I - Crédit photo
2278 - I - Crédit photo Wolfgang Sauber Les croisières aux baleines représentent maintenant une importante attraction touristique. Les croisières aux baleines représentent maintenant une importante attraction touristique.
2277 - I - Crédit photo Luca Nebuloni Grâce à l'industrie des croisières aux baleines, on les préfère bien vivantes! (croisières aux baleines aux Açores) Grâce à l'industrie des croisières aux baleines, on les préfère bien vivantes! (croisières aux baleines aux Açores)
2276 - I - Crédit photo Creative commons Chasse à la baleine en 1900 Chasse à la baleine en 1900

Le chasseur se réveille avant le lever de soleil, sur une mer calme. Bien, il sera plus facile de repérer les grands souffles au large. Il rejoint l’équipage pour rassembler le matériel: harpons, filets, couteaux impressionnants et petites embarcations. Il n’en faut pas moins pour capturer un géant. En ce 19e siècle, l’économie mondiale repose sur la chasse aux baleines. L’huile, provenant de leur graisse fondue, sert de carburant pour les lampes.

Le soleil est levé et le chasseur surveille l’horizon. Pas de souffle. Voilà des mois qu’il est en mer, sans succès. Depuis son port d’attache, à New Bedford, aux États-Unis, le baleinier a parcouru des milliers de kilomètres en direction du Pacifique, dans l’espoir de ramener un cachalot. C’est la baleine la plus prisée, à cause du spermaceti, une huile particulière que renferme son crâne, et de l’ambre gris qui sera utilisé comme fixateur de parfum. Mais la chasse au cachalot n’est pas sans danger! On raconte que plusieurs hommes sont morts en mer, suite à leur rencontre avec ces puissants géants.

Les heures passent, la mer s’agite. Le chasseur est inquiet pour l’avenir de son métier. En 1840, plus de 700 bateaux sillonnent toujours les mers à la recherche de baleines, mais, de sa vie de baleinier, il a observé une triste tendance : la chasse aux géants est de plus en plus ardue, les baleines se faisant rares. Que fera le monde, sans la précieuse huile qui illumine chaque maison?

Sans baleines, l’industrie ne peut survivre. Il est donc primordial pour les baleiniers de protéger cette ressource de plus en plus menacée. C’est ainsi qu’en 1946, les chasseurs s’unissent aux scientifiques pour créer la Commission Baleinière Internationale (CBI). La CBI a pour mission de réglementer la chasse à la baleine afin de pratiquer une exploitation durable. En 1986, puisque les populations de baleines sont gravement menacées, un moratoire est décrété. Encore à ce jour, la chasse commerciale aux baleines est interdite.

Aujourd’hui, la plupart des populations de grandes baleines sont en voie de rétablissement. On estime, par exemple, plus de 12 000 baleines à bosse parcourant l’Atlantique Nord, alors qu’on craignait dangereusement pour leur survie, il y a à peine 50 ans. L’industrie s’est transformée. Les baleiniers deviennent touristes et les harpons sont remplacés par des appareils photo. Les croisières aux baleines représentent maintenant une importante attraction touristique. Enfin, les baleines rapportent beaucoup plus vivantes et abondantes que pourchassées pour leur huile!

L’écologie ne devrait pas être une opposition de l’économie. Au contraire, quand l’industrie s’allie à la science, des miracles de rétablissement sont possibles!

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