Un bleu pas très commun

Par Samantha McBeth | 10 septembre 2014| Le Saint-Laurent
4340 - I - Crédit photo Wikimedia Commons Vue aérienne d'un rorqual commun Vue aérienne d'un rorqual commun
4344 - I - Crédit photo Samantha McBeth La pleine lune, si brillante La pleine lune, si brillante
4339 - I - Crédit photo Dany Boudreault Deux rorquals communs au banc des Américains Deux rorquals communs au banc des Américains
4343 - I - Crédit photo Samantha McBeth Le soleil de septembre sur les Îles-de-la-Madeleine Le soleil de septembre sur les Îles-de-la-Madeleine
4342 - I - Crédit photo Samantha McBeth La fin d'une belle journée sur les côtes Gaspésiennes La fin d'une belle journée sur les côtes Gaspésiennes
4341 - I - Crédit photo Richard Sears, MICS Notre cible : le rorqual bleu, aussi appelé baleine bleue Notre cible : le rorqual bleu, aussi appelé baleine bleue

Avec son ciel d’un bleu particulièrement pur qui nous annonce l’automne, le Québec est à son meilleur au mois de septembre. Avant de poursuivre notre route magnifique vers Gaspé, nous nous sommes arrêtés brièvement aux Îles-de-la-Madeleine le temps de nous réapprovisionner, dévalisant entre autres une partie de leur stock de pommes. L’absence de fruits frais sur le bateau après notre passage dans l’Arctique nous a donné terriblement envie de ces petites merveilles parfumées. La vie sur un bateau me rappelle combien il est bon de se réjouir des bonheurs simples, comme la saveur d’une pomme, le confort d’une brise salée et la splendeur d’une journée ensoleillée.

Ce fut une journée rayonnante qui nous accueillit dans les eaux azures de la péninsule gaspésienne. La mission 1000 jours pour la planète s’apprête à amorcer une nouvelle aventure : la recherche des baleines bleues (Balaenoptera musculus). Ces rorquals longs de 30 mètres sont, non seulement les plus grands cétacés du monde, mais également les animaux les plus massifs ayant existé sur Terre, dépassant même les dinosaures. Malgré leur taille, les baleines bleues restent encore très mystérieuses. Pour nous aider dans notre quête, le biologiste Richard Sears, fondateur de la station de recherche des îles Mingan ( MICS pour Mingan Island Cetacean Study ) et expert des rorquals bleus, nous accompagnera. Aujourd’hui, le Sedna IV est à Gaspé pour accueillir à bord le renommé scientifique et son équipe de recherche, avant d’entreprendre son voyage dans le golfe du Saint-Laurent à la recherche des baleines.

Le mois de septembre est un excellent moment pour observer ces mammifères dans le golfe. En effet, en cette période de l’année, les baleines sont généralement en mouvement ayant quitté l’estuaire où elles se sont alimentées tout l’été. Nous naviguons présentement dans une zone maritime nommée le banc des Américains, un site de biodiversité exceptionnelle situé à 15 kilomètres à l’est de Saint-Pierre, entre Gaspé et Percé. Le banc des Américains est d’ailleurs un secteur désigné comme une éventuelle aire marine protégée, au Canada. La température clémente et la richesse de ce lieu nous offrent toute une chance : la mer bouillonne d’activités. Les fous de Bassan plongent habilement entre les vagues de couleur sarcelle; les dauphins à flancs blancs sautent hors de l’eau autour du Sedna IV et l’air est rempli de vapeur provenant des souffles de baleines. Trois baleines à bosse, ainsi que quelques petits rorquals, sont rapidement reconnus par nos experts qui se concentrent sur des formes encore plus énormes. À bâbord… à bâbord ! Tous nos regards se transportent vers une baleine en particulier : son souffle est puissant, s’élevant à plusieurs mètres au-dessus de l’eau, sa taille est très importante et sa nageoire dorsale petite, si loin de son évent qu’on ne l’aperçoit qu’après qu’elle ait pris une respiration. Serait-ce un rorqual bleu ? Mais non car son corps est sombre, et non d’un bleu acier. Il s’agit plutôt d’un rorqual commun (Balaenoptera physalus), deuxième en longueur après le rorqual bleu, mesurant près de 25 mètres. Son corps effilé et sa tête pointue, en plus de sa peau très lisse, font de lui un animal hydrodynamique et rapide. Au cours de la journée, nous apercevons 15 rorquals communs, témoignant de la richesse naturelle du banc des Américains. Il ne s’agit malheureusement pas de la fameuse baleine bleue. Selon un des chercheurs à bord du Sedna IV, il y aurait assez de similitudes entre les deux espèces pour nous confondre, à un point tel qu’on a observé dans la nature trois cas d’hybrides entre le rorqual bleu et le rorqual commun. Comme quoi, il nous faudra rester à l’affût !

La nuit à peine tombée, la pleine lune éclaire comme un projecteur la scène noire de la mer, nous permettant d’apercevoir encore le souffle des baleines autour de nous. Malgré cela, nous reprendrons les recherches demain au lever du soleil. Le dicton est changé : la nuit, toutes les baleines sont grises !

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Commentaires2
  • Céline Guilbert
    11 septembre 2014
    Je suis allée aux Îles plusieurs fois et je n'y ai jamais vu de baleine. à quel endroit pourrait-on en observer?
  • Stéphane Arseneau
    10 septembre 2014
    Hey misère, je pense bien que mes Îles natales me manque
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