Ours polaire
Ours polaire
Aire de vie des ours polaires
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Ours polaire

Noms communs : Ours polaire, ours blanc
Nom scientifique : Ursus maritimus
Taille : 2,5 m pour les mâles et jusqu’à 2 m pour les femelles
Poids : 300 à 800 kg (660 à 1760 lb) pour les mâles, 150 à 300 kg (330 à 660 lb) pour les femelles
Population : entre 20 000 et 25 000 individus
Distribution : Dans tout le cercle arctique et plus au Sud, là où s’étend la banquise
Enjeu : changements climatiques, surexploitation, pollution
Statut Liste Rouge UICN : Vulnérable
Considéré Vulnérable au Québec.

Description
L’ours polaire est le plus grand des prédateurs à vivre hors de l’eau. (Le plus grand prédateur de la Terre est l’orque, lequel vit en partie dans les eaux que fréquentent l’ours polaire.) C’est un animal charismatique et emblématique du Grand Nord, respecté et craint dans nombre de cultures. Fait intéressant, l’Arctique doit son nom à cet animal, arctos signifiant ours en Grec ancien. De faut, l’ours polaire est endémique aux régions enserrées par le cercle polaire arctique. Mammifère terrestre, il dépend en totalité aux ressources de la mer. Il est d’ailleurs un très bon nageur. Quelques millions d’années supplémentaires pourraient peut-être le faire évoluer en un mammifère marin…

L’ours polaire dépend de la banquise — la glace de mer — pour se nourrir. Les phoques annelés constituent sa principale source de nourriture. Il se nourrit aussi de phoques du Groenland et de phoques barbus, de même que de bélugas, de narvals, de canards de mer et de morses. Ces derniers sont bien sûr plus difficiles à chasser que les bébés phoques et autres blanchons dont il se régale. Lorsque vient l’été, les populations plus au Sud ont du mal à trouver des sources abondantes de nourriture et elles doivent vivre de leurs réserves de graisse. Confrontés à ces disettes saisonnières, les ours polaires ont développé des adaptations remarquables, comme par exemple un métabolisme qui peut entrer dans une sorte d’hibernation à tout moment de l’année lorsque la nourriture se fait rare. Cette aptitude se manifeste aussi chez les femelles enceintes : enfouies au creux d’une tanière pour mettre bas en sécurité, elles passent quatre mois sans manger, une période qui couvre la fin de la gestation et les premiers mois d’allaitement après la naissance des oursons.

La saison des amours se déroule en avril et en mai. Toutefois, par un processus appelé ‘implantation différée’, la femelle portera l’embryon sans qu’il ne se développe davantage pendant environ 5 mois. Lorsqu’elle parvient à emmagasiner suffisamment de graisse, la croissance des foetus prend son envol et c’est alors que la future mère s’enferme dans sa tanière. Elle donne naissance environ 2 mois plus tard. La période de gestation dure en tout 8 mois. Une femelle en santé met au monde 2 à 4 oursons et elle les nourrit alors de son lait extrêmement riche. La jeune famille sort de la tanière en mars. Pendant près de 2 ans, ils resteront avec leur mère pour apprendre à chasser en l’observant et en l’imitant. Le sevrage se produit vers 2 ou 3 ans, selon les conditions du milieu. Durant l’enfance des oursons, l’un des principaux dangers provient de la présence des mâles qui pourraient être tentés de manger les petits. La femelle doit être particulièrement vigilante et, si un mâle vient à s’approcher, menaçante pour protéger ses petits.

Entre 20 000 et 25 000 ours polaires vivent à l’état sauvage dans le monde. Une petite population, divisée en 19 sous-populations, elles-mêmes réparties sur l’immense territoire arctique. Les plus grandes sous-populations sont celles du Nunavut (le Grand Nord du Canada) et de l’archipel norvégien de Svalbard. Un ours blanc vit en moyenne 15 à 18 ans à l’état sauvage.

Menaces
La banquise étant le principal lieu d’alimentation de l’ours polaire, sa disparition rapide causée par le réchauffement de la planète compromet à moyen terme la survie de ces grands mammifères. On estime qu’au cours des trois dernières générations (environ 45 ans), la population globale des ours blancs se serait réduite de 30%. Or, selon les plus récentes projections, la banquise arctique pourrait complètement disparaître d’ici 2050-2075. En septembre 2012, l’extension de la banquise a atteint un minimum historique, sa plus petite superficie depuis qu’elle est observée par les satellites à la fin des années 1970s.

La région polaire est un océan de glace et le Pôle Nord géographique est à plus de 700 kilomètres de la terre ferme, au Groenland. Pour les ours, d’aller plus au Nord est d’aller se piéger sur île de glace qui se rétrécit. En revanche, le réchauffement encourage d’autres espèces à se déplacer plus au Nord, une situation qui entraîne un chevauchement des territoires d’espèces qui, autrement, se ne fréquentaient pas. Déjà, quelques exemples isolés ont été rapportés d’ours polaires femelles s’étant accouplés avec des ours bruns grizzly (Ursus arctos horribilis), sachant que ces deux espèces sont parentes et qu’elles auraient divergé voilà 4-5 millions d’années. Ce phénomène est certes rare mais il pourrait être l’illustration de l’instinct de survie de cette espèce fragilisée par les conditions changeantes de son milieu. Ces hybrides ont été affublés de plusieurs noms : ours prizzly, ours grolaire, etc. Par ailleurs, le morcellement de la banquise risque d’isoler les populations les unes des autres, une situation qui pourrait entraîner un appauvrissement génétique, ce qui constituerait un facteur supplémentaire de risque pour l’espèce.

À la menace posée par les changements climatiques s’ajoutent la toxification de l’environnement et, pour certaines sous-populations, la surchasse. En effet, puisque les ours polaires siègent au sommet de la pyramide alimentaire de leur écosystème, ils accumulent dans leurs graissent les métaux lourds ingérés par toutes les plus petites espèces qui constituent la chaîne des prédateurs-proies qui s’étirent jusqu’à eux. Les métaux lourds peuvent causer des cancers et détériorent la santé des organes. Enfin, il n’est pas rare que des ours s’aventurent proche des villes et villages du Nord, à la recherche de nourriture. Ces rencontres se terminent souvent de façon dramatique, pour les êtres humains ou pour les ours.

Des aires de conservation devront continuer d’être aménagées pour aider cette espèce à traverser le siècle en cours.

Le saviez-vous?
Les ours polaires sont d’excellents nageurs. Ils peuvent parcourir les eaux pendant plusieurs heures, souvent pour gagner la terre ferme depuis la banquise ou simplement pour traverser un plan d’eau. Le record revient toutefois à une femelle qui, durant neuf journées consécutives, a été contrainte de nager avant de ne mettre pattes à terre ! Elle aurait alors parcouru 687 kilomètres, une distance phénoménale accomplie par une athlète d’une non moins formidable ténacité. Elle aurait perdu 22% de sa masse corporelle. À n’en pas douter, ce genre d’exploit deviendra de plus en plus fréquent au fur et à mesure que la banquise dont dépendent les ours polaires s’amincira et diminuera.

RÉFÉRENCES: Liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et Encyclopedia of Life.

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