Béluga
Béluga
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Béluga

Noms communs : Béluga, baleine blanche, dauphin blanc, canari des mers
Nom scientifique : Delphinapterus leucas
Taille : 4,3 m pour les mâles, 3,2 m pour les femelles
Poids : 800 à 1500 kg (1,7 à 3,3 lb) pour les mâles, 540 à 740 kb (1,2 à 1,6 lb) pour les femelles
Population : environ 150 000 individus
Distribution : dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent, dans les mers arctiques et sub-arctiques
Enjeux : pollution, surexploitation, perturbations de l’habitat par les activités industrielles, changements climatiques
Statut Liste Rouge UICN : Quasi menacée
Considéré Menacé au Québec.

Description :
D’une peau complètement blanche, le béluga est l’une des espèces les plus distinctives de tous les cétacés (un ordre qui comprend les dauphins, les marsouins et les rorquals, notamment). Les bélugas sont l’un des deux représentants vivants de la famille des monodontidés, l’autre étant le narval (la ‘licorne des mers’). Ils vivent dans les eaux froides des régions arctiques et sub-arctiques, ainsi que dans l’estuaire du Saint-Laurent. Certaines populations de bélugas réalisent des migrations saisonnières (comme celles de l’Alaska, de la Baie d’Hudson et du Grand Nord canadien) tandis que d’autres demeurent plus ou moins dans la même région de quelques centaines de kilomètres (comme celles du Saint-Laurent, de Svalbard et de la baie Cumberland, au Nunavut). La température de l’eau favorables aux veaux (les petits bélugas) et l’absence de prédateurs (tels les épaulards) pourraient être des facteurs expliquant ces préférences géographiques.

Parmi les caractéristiques physiologiques du béluga, l’on trouve une crête le long du dos (relique d’un ancien aileron) et une tête bien particulière, avec un cou très souple, un bec court, une bouche large et un front bulbeux malléable. Ce bulbe frontal est occupé par un organe, appelé melon, composé de tissus gras et présent chez tous les cétacés à dents mais particulièrement développé chez les bélugas. Le melon sert à l’écholocation, la faculté qu’ont certains animaux de localiser les structures environnantes à l’aide des sons — un sonar naturel en quelque sorte. Chez les bélugas, la forme du melon peut être déformée intentionnellement. Les chercheurs croient que cette malléabilité pourrait affecter la dimension, la forme, la direction et la fréquence des sons qu’émettent les bélugas pour communiquer et pour se représenter leur environnement. Les bélugas sont par ailleurs capables d’émettre une grande variété de sons — des clics, des grognements, des cris stridents et des sifflements — qui leur ont valu le nom de “canari des mers” par les marins.

Les bélugas sont des mammifères marins très sociaux, dont les rassemblements estivaux peuvent regrouper des milliers d’individus. Ils sont capables de descendre jusqu’à 800 mètres de profondeur mais préfèrent nager près des côtes, des estuaires, dans les canaux et les fjords, et dans les baies peu profondes. L’hiver, si les conditions le réclament, ils pratiquent des trous dans glace afin d’y respirer mais ils préfèrent les eaux aux glaces morcelées et mouvantes. Ils se nourrissent d’une grande variété d’espèces de poissons (éperlans, morues saumons, ombles, chabots, etc.) et d’invertébrés (crabes, crevettes, palourdes, calmars, etc.) qui abondent dans les eaux froides, riches en oxygène. Leurs lèvres souples pourraient être un moyen d’aspirer les proies qui se trouvent sur les fonds marins, dans les estuaires par exemple. En revanche, ils sont eux-mêmes la proie des épaulards, des ours polaires (qui guettent les trous de respiration), des humains… et des glaces. Ces dernières peuvent les encercler, les piéger et les contraindre à la noyade si d’aventure aucune grande surface libre de glace (une polynie) n’est à proximité pour accueillir un troupeau. En effet, les mammifères marins, même s’ils vivent dans l’eau, peuvent se noyer s’ils demeurent de gré ou de force plus de 25 minutes sous l’eau. Adaptés en dépit de cela à la frigidité de leur milieu, les bélugas possèdent une épaisse couche de graisse de 15 cm qui les protège de froid.

Les bélugas vivent en moyenne 35 ans.

Menaces :
Les bélugas sont fortement philopatriques, c’est-à-dire qu’ils reviennent année après année à leur lieu de naissance. Ce trait de comportement les rend prévisibles et vulnérables face aux chasseurs. La surexploitation est donc une menace qui pèse sur certaines populations. Au cours du dernier siècle, la chasse commerciale a fortement affecté les populations de bélugas. Par exemple, 14 500 individus ont été chassés dans l’estuaire du Saint-Laurent entre 1868 et 1960 et jusqu’à 11 000 dans le Haut Arctique seulement entre 1868 et 1898. L’aire de répartition des bélugas s’est donc rétrécie avec le temps et rien n’indique que cette tendance n’ait été inversée au cours des dernières décennies.

Une autre menace provient de la toxification de l’environnement. Les graisses isolantes des bélugas sont particulièrement aptes à emmagasiner les éléments toxiques présents dans leur milieu, tels le biphényle polychloré ou BPC et le dichloro-diphényltrichlorothane ou DDT. Ces produits, souvent des pesticides, sont considérés comme des polluants organiques persistants ou POP. Ils persistent et s’accumulent dans l’environnement. De plus, ils se retrouvent en plus grandes concentrations dans le corps des grands animaux par un phénomène que l’on nomme la bioaccumulation (ou bioamplification). La bioaccumulation est l’augmentation, dans un organisme, d’une substance rare dans l’environnement mais présente dans la chaîne alimentaire ; ainsi, les petites espèces sont mangées par les moyennes qui, elles, font le menu des grandes espèces ; en fin de compte, de proies en prédateurs, cette substance se retrouve en quantité beaucoup plus importante dans le corps des animaux occupant le sommet de la chaîne alimentaire. Les bélugas du Saint-Laurent contiennent ainsi des quantités de BPCs et de métaux lourds plus élevées que chez les espèces terrestres et plusieurs cas de cancers ont été rapportés.

Les changements climatiques, qui affectent la température de l’eau, la distribution des glaces de mer et qui chamboule tous les écosystèmes polaires, pourraient également affecter négativement les bélugas. Enfin, les activités industrielles croissantes dans l’Arctique (transport commercial, mines, extraction pétrolière) perturbent le milieu de vie des animaux marins et les bélugas n’échappent pas à ces bouleversements.

Le saviez-vous?
La population des bélugas du Saint-Laurent, environ 800 individus, est considérée comme étant isolée par rapport aux autres populations de bélugas. Bien que des échanges génétiques aient eu lieu dans le passé, les chercheurs estiment que ce n’est plus le cas de nos jours.

RÉFÉRENCES: Liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et Encyclopedia of Life.

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