Extrêmophiles
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Extrêmophiles

Il y a 3 ou 4 milliards d’années, la Terre était un monde en tout point différent ou presque de ce qu’il est aujourd’hui. Éruptions volcaniques monstrueuses, bombardements météoritiques et cométaires ravageurs, atmosphère suffocante… La Terre des premiers jours n’était pas des plus hospitalières. Cela, sans parler du rayonnement ultraviolet en provenance du Soleil qui stérilisait à proprement parler la surface du globe car aucune couche d’ozone n’était alors en place pour jouer, comme aujourd’hui, son rôle de bouclier. La vie s’est néanmoins développée sur Terre.

Il y a 3 ou 4 milliards d’années, la Terre était un monde en tout point différent ou presque de ce qu’il est aujourd’hui. Éruptions volcaniques monstrueuses, bombardements météoritiques et cométaires ravageurs, atmosphère suffocante… La Terre des premiers jours n’était pas des plus hospitalières. Cela, sans parler du rayonnement ultraviolet en provenance du Soleil qui stérilisait à proprement parler la surface du globe car aucune couche d’ozone n’était alors en place pour jouer, comme aujourd’hui, son rôle de bouclier. La vie s’est néanmoins développée sur Terre. L’on croit que cette lente progression aurait pu débuter au fond des océans mais bien des hypothèses ont été formulées pour expliquer les mécanismes à l’origine de l’apparition de la vie. Pour les vérifier, les chercheurs étudient les organismes qui vivent à la lisière du possible, dans des conditions d’existence extrêmes. On nomme ces organismes extrêmophiles.

Il en existe plusieurs formes. Ceux qui subsistent malgré les froids polaires, ceux qui survivent dans les lieux excessivement secs, ceux qui prolifèrent dans les milieux très acides ou salés, ceux qui résistent aux grandes pressions, ceux qui perdurent en dépit des radiations élevées, etc. Ces images montrent certains des milieux les plus extrêmes où vivent les extrêmophiles. On y voit par exemple les lacs acides et chauds où s’épanouissement de vastes colonies de bactéries extrêmophiles (Yellowstone et White Island).

En Antarctique, près du Mont Erebus, des microorganismes vivent à proximité du lac de lave de ce volcan austral. Non loin de là se trouvent les vallées sèches de McMurdo et de Wright. Ce sont des lieux dépourvus de neige ou de glace mais exceptionnellement secs et froids. Plusieurs sites présentent un grand intérêt pour la science. L’un d’entre eux, situé à la lisère du glacier Taylor, est marqué par une coulée rouge d’oxyde de fer (on l’appelle la “cascade de sang”) en provenance d’un lac très ancien qui repose sous le glacier, complètement isolé du reste de la biosphère depuis 5 millions d’années. Au moins dix-sept espèces de bactéries s’y épanouiraient. Non loin de là se situe le lac de Don Juan, un plan d’eau qui ne gèle pas tant il est salé, soit 18 fois la salinité des océans — la Mer Morte est 8 fois plus salée que les océans — ce qui en fait probablement le lieu le plus salé sur Terre. Des bactéries sont en mesure d’y vivre. Autant d’exemples qui témoignent de la grande adaptabilité des organismes simples aux conditions limites que présente la Terre et qui sont potentiellement analogues aux environnements qui prévalent sur d’autres astres. Le lac Vostok est un autre cas célèbre. Ce lac subglaciaire, le plus grand des quelque 150 lacs semblables décelés à ce jour, repose sous 4 kilomètres de glace. Des échantillons d’eau seront prélevés par un robot russe à la fin de l’année (2012). De nouvelles formes de vie extrêmophiles pourraient être alors découvertes.

Dans le désert d’Atacama, l’endroit le plus sec de la Terre en-dehors de l’Antarctique, des chercheurs étudient comment la vie parvient à s’adapter à l’absence quasi totale d’eau. Dans le creux du cratère du volcan Licancabur repose un petit lac : situé à 5916 mètres d’altitude et habitué par des algues et bactéries, c’est fort probablement l’écosystème aquatique le plus haut du globe.

Enfin, les sources hydrothermales situées au fond des océans, constituent des lieux d’exploration et de découvertes exceptionnels. Ces “geysers sous-marins” couverts par quatre à cinq kilomètres d’eau en moyenne sont de petites oasis où des créatures curieuses et uniques se rassemblent. Parmi elles, le ver tubicole géant (Riftia pachyptila) est possiblement le plus connu et le plus étrange des éléments de ces écosystèmes des profondeurs. Mesurant jusqu’à 2 mètres de long et d’un diamètre de 4-5 centimètres, ils sont pourvus de branchies rouges qu’ils tendent à l’extérieur d’un tube protecteur pour se nourrir des rejets environnants. Des bactéries vivent au sein des vers et elles convertissent les éléments chimiques rejetés par la cheminée hydrothermale (notamment le sulfure d’hydrogène — H2S) en sucres qui constituent leur nourriture. Cette alliance est une forme de symbiose et ce type d’alimentation se nomme chimiotrophie.

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