La destruction des habitats
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La destruction des habitats

En quelques mots
De nos jours, la principale menace qui pèse sur les espèces vivantes est la perte et la dégradation de leur habitat. Sans lieu où vivre, où se reproduire, où se nourrir et où s’abriter en cas de danger, il est difficile en effet pour tout être vivant d’envisager l’avenir.

Survol de la situation
Partout ou presque sur terre, les milieux sauvages reculent progressivement face aux avancées de l’Humanité. Ce phénomène estévident, par exemple, pour les grandes forêts tropicales humides qui laissent place aux routes, aux champs et aux constructions. On nomme cela  « déforestation ». En fait, c’est la majorité des habitats, comme les récifs coralliens, les zones humides, les régions montagneuses et les milieux aquatiques parmi d’autres, qui se dégrade petit à petit à cause de l’activité humaine.

Les écosystèmes terrestres
La principale cause de la perte des habitats est la création de nouveaux espaces consacrés à l’agriculture et au pâturage. Aujourd’hui, 30 % de la surface terrestre dépourvue de glace est dédiée à ce type d’activités.

Les évaluations de la Liste rouge de l’UICN (voir fiche Catégories UICN) montrent que la perte d’habitats due aux activités agricoles et à la gestion non durable des forêts est la cause principale de l’augmentation du risque d’extinction des espèces. De plus, l’Indice Planète Vivante, une mesure de l’état de santé de nombreuses espèces animales, indique que le déclin des populations de vertébrés (mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons) dans les Tropiques s’accompagne d’un appauvrissement généralisé des habitats de ces régions. À titre d’exemple, une étude récente portant sur la transformation des forêts en plantation de palmiers à huile a montré que cette conversion avait entraîné la disparition de 73 à 83 % des espèces d’oiseaux et de papillons appartenant à cet écosystème. Les oiseaux sont exposés à un risque particulièrement élevé d’extinction en Asie du Sud-Est, région dans laquelle le développement des plantations de palmiers à huile a été le plus important, en partie à cause d’une augmentation de la demande en agrocarburants, des carburants faits à partir de produits végétaux.

Le développement d’infrastructures, tel que la construction de logements, de bâtiments industriels, de mines et de routes et de voies ferrées, contribue fortement à la destruction et à la dégradation des habitats. De nos jours, plus de la moitié de la population mondiale vit désormais dans les villes ou leur voisinage. L’agrandissement des banlieues, phénomène appelé étalement urbain, a aussi entraîné la disparition de nombreux habitats naturels. En revanche, les villes elles-mêmes, où les personnes habitent très proche les unes des autres, permettent, dans une certaine mesure, de limiter les impacts négatifs sur la biodiversité. Cela s’explique par le fait que le besoin en terres pour loger ces populations est moins important que lorsque les habitations sont dispersées, comme dans les banlieues.

Bien qu’au niveau mondial, rien n’indique que la perte des habitats diminue, certains pays ont montré qu’il est possible, avec un peu de volonté politique, de s’attaquer aux causes de la destruction des habitats. La réduction récente du taux de déforestation de l’Amazonie brésilienne constitue un exemple d’importance mondiale.

Les écosystèmes d’eaux continentales
Là où l’eau douce abonde, soit dans les lacs, les fleuves, les rivières et les zones humides, entre autres, les écosystèmes aquatiques sont perturbés principalement par l’irrigation à des fins agricoles, qui nécessite 70 % des prélèvements d’eau douce dans le monde! Par ailleurs, la demande en eau pour approvisionner les villes, pour produire de l’énergie (pensons à l’hydroélectricité) et pour soutenir les activités industrielles est en augmentation rapide. La construction de barrages et de digues le long des rivières entraîne également la perte et la division des habitats, en ralentissant le cours naturel des rivières par des réservoirs, en réduisant les liaisons entre les différentes parties des bassins d’eau et en isolant les rivières de leurs lits d’inondation (la partie qu’inonde une rivière lors des crues naturelles).

Les écosystèmes côtiers
L’aménagement des littoraux, pour la construction de logements et le développement des activités de loisir, des activités industrielles et du transport, a eu des impacts importants sur les écosystèmes marins. Partout sur terre, de nombreux cours d’eau ont été modifiés en profondeur pour accommoder les navires, les industries et le tourisme. Ce sont les mêmes fonds marins qui sont détruits lorsque les chalutiers passent au-dessus d’eux traînant un chalut, un filet qui racle littéralement le plancher des océans pour capturer les espèces qui y vivent.

Exemples de destruction des habitats – Déforestation – Chalutage de fond – Désertification – Étalement urbain – Développement d’infrastructures (routes, voies ferrées, barrages, mines, oléoducs, etc.) – Aménagement des littoraux – Expansion des terres agricoles

Le saviez-vous?
Certains chaluts sont si grands qu’ils pourraient englober un avion Boeing 747. Le chalutage de fond peut arracher des coraux qui vivent dans les eaux froides (tel Lophelia pertusa) et qui peuvent être âgés de 1000 ans.

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