La pollution
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La pollution

En quelques mots
La pollution par les engrais, les produits pétrochimiques et le bruit représente une menace permanente et croissante pour la biodiversité des écosystèmes terrestres, côtiers et ceux des eaux continentales.

Survol de la situation
Pollution chimique
Depuis plus de 200 ans, l’industrialisation bat son plein sur notre planète. L’on extrait, exploite et transforme toujours plus de ressources naturelles et de sources d’énergie; l’on crée, construit et développe toujours plus d’infrastructures et de produits. De plus, depuis 1950 (l’après-guerre), le niveau d’activité des sociétés industrialisées s’intensifie, phénomène que l’on nomme « la grande accélération ».

Une découverte, peut-être la plus importante des derniers siècles, a grandement contribué à cette évolution technologique et démographique rapide : le procédé Haber-Bosch. Cette réaction chimique est responsable de la production des engrais qui sont utilisés partout sur terre, soit près de 500 millions de tonnes par année! Indirectement, des milliards d’humains se nourrissent grâce à ce procédé.

L’utilisation d’engrais a plus que doublé la quantité d’_azote réactif_, soit l’azote capable de stimuler la croissance des plantes, qui est disponible dans l’environnement par rapport à la quantité qu’on y trouvait avant l’industrialisation. Autrement dit, les êtres humains ajoutent désormais plus d’azote réactif dans l’environnement que tous les phénomènes naturels conjugués, tels que les plantes fixatrices d’azote, le feu, ou les éclairs!

Dans les écosystèmes des eaux continentales et des régions côtières, le phosphore et l’azote qui proviennent du ruissellement des terres agricoles et de la pollution apportée par les eaux usées s’accumulent. Cela stimule la croissance d’algues et de certaines formes de bactéries, altérant les écosystèmes coralliens et lacustres, et entraînant une baisse de la qualité de l’eau. Ces dépôts créent également des « zones mortes » dans les océans, généralement aux embouchures d’importants cours d’eau. Dans ces régions, les algues en décomposition utilisent tout l’oxygène dissous dans l’eau créant de vastes zones pratiquement dénuées de vie marine. Le nombre de zones mortes signalées a presque doublé tous les dix ans depuis les années 1960 et en 2010, il était supérieur à 450.

Bien que l’augmentation de la charge de nutriments représente l’une des perturbations les plus importantes causées par les êtres humains sur les écosystèmes, les décisions politiques prises dans certaines régions montrent que cette pression peut être contrôlée et, avec le temps, inversée.

Pollution pétrochimique
Les marées noires sont les cas les plus évidents de pollution en mer. Elles se produisent lorsqu’une fuite survient d’un puits ou d’un pétrolier, par exemple, déversant des milliers de tonnes de pétrole dans les écosystèmes marins. Ces catastrophes se produisent trop régulièrement et leurs effets néfastes s’échelonnent sur des décennies, affectant toute la chaîne alimentaire et entravant les déplacements de bien des animaux, notamment celui des oiseaux.

Une autre manifestation de la pollution pétrochimique est celle du plastique, omniprésent dans le monde d’aujourd’hui. Des milliards de miettes de plastique, issues des innombrables articles produits par les sociétés industrialisées, se trouvent happées par les courants et sont emprisonnées dans ces vastes tourbillons (vortex) de l’océan Pacifique Nord et Sud, de l’océan Atlantique Nord et Sud, ainsi que de l’océan Indien. On parle désormais des « continents de plastique ». Les effets sur la faune sont de mieux en mieux connus. Dans la plaque de plastique du Pacifique Nord, ce sont environ 100 millions de tonnes de débris de plastique qui dérivent et s’échouent sur les îles, comme sur l’atoll de Midway. Là, les albatros et leurs oisillons confondent les miettes de plastique pour de la nourriture, s’en gavent et, à la longue, meurent de ne pouvoir les digérer. Des dizaines de millions d’oiseaux mourraient ainsi. Dans le monde, plus de 260 espèces marines seraient affectées par ce phénomène.

Pollution sonore
Le bruit est aussi une forme de pollution et les milieux aquatiques et marins sont particulièrement propices à la propagation des sons sur de longues distances. Pour les animaux marins, les bruits causés par les moteurs et les sonars des bateaux peuvent sévèrement affecter leurs modes de communication et de navigation. Les effets du bruit sur les cétacés sont, pour l’heure, mal compris. Les bruits peuvent diminuer l’ouïe des baleines, les contraindre à devoir « crier plus fort » pour communiquer et certains chercheurs pensent que les échouages de baleines pourraient en partie être attribués à la confusion induite par les bruits sur le système d’écholocalisation de ces grands mammifères marins.

Quelques cas classiques de pollution – La Grande Barrière de corail, au large de l’Australie, est affectée par le ruissellement des engrais – Le golfe du Mexique, une grande « zone morte » résultant d’une marée noire récente – L’atoll de Midway, dans le Pacifique, affecté par le « continent de plastique » – L’Amazonie équatorienne, marquée par des fuites de l’extraction pétrolière

Le saviez-vous?
Le golfe du Mexique est sévèrement perturbé par l’activité humaine. On y trouve, à l’embouchure du Mississippi, l’une des plus importantes « zones mortes » au monde, mesurant 22 000 km2. À cela s’est ajoutée en 2010 la marée noire causée par l’explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, qui déversa l’équivalent de 4,9 millions de barils de pétrole dans la mer. La faune et la flore du golfe du Mexique prendront des décennies avant de se remettre de cette catastrophe.

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