Les océans
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Les océans

Les océans couvrent 71% de la surface de notre planète et constituent plus de 90% de ses espaces habitables. Depuis le 14e siècle, les Occidentaux nomment notre planète “Terre” ou “Earth” en anglais. Ces noms indiquent bien notre préférence pour les milieux secs, à la surface des continents et des îles. En effet, le mot “terre” trouve son origine dans le proto-indo-européen (PIE), une langue préhistorique et éteinte, qui ne fut jamais écrite, et qui était parlée, croit-on, il y a près de 6000 ans en Eurasie centrale. Plusieurs langues parlées aujourd’hui, du français au sanskrit, proviennent de cette racine commune. Ainsi, “terre” provient du PIE *ters-, qui signifie “sécher” ou encore “qui est solide et sec”. D’ailleurs, en sanskrit, “tarsayati” signifie “désséché”. En anglais, “earth” provient du PIE *er-, dont le sens est “le sol, la terre”. (L’astérisque signifie que ces sons ont été reconstruits par les linguistes en comparant les grammaires et en analysant l’évolution et la dispersion des langues.) Ainsi, peut-être que la Terre, déjà évoquée comme étant la “planète bleue”, devrait être plutôt appelée “Akwa” (une racine PIE pour “eau”), un nom plus proche de ce qui la distingue de ses soeurs, à savoir qu’elle est une planète de vie et d’eau.

Les plus grands animaux a avoir vécu sur notre astre vivent dans les océans, sans compter les milliards d’organismes plus petits qui dérivent sous l’incessante houle marine. Jusqu’à 350 000 bactéries peuvent vivre dans une seule goutte d’eau de mer. Des plages chaudes et sablonneuses aux froids et noirs abysses, l’océan et ses côtes soutiennent un riche assortiment d’espèces qui y évoluent depuis près de quatre milliards d’années. La vie elle-même pourrait être issue des fonds océaniques, près de profondes sources thermales, alors que la surface de la Terre ne savait se protéger des rayons mortels du Soleil. Une étude récente estime que 2,2 millions d’espèces vivraient dans les océans, 91% d’entre elles attendant toujours d’être découvertes. Parmi toutes les créatures qui peuplent les mers, 90% sont des microbes pratiquement invisibles à l’oeil nu. Ensemble, ces êtres microscopiques forment toutefois une masse formidable, soit l’équivalent de 200 milliards d’éléphants.

Les océanographes considèrent qu’il existe cinq océans — les océans Arctique et Antarctique, le Pacifique, l’Atlantique et l’Indien — mais, en réalité, ils composent un seul océan mondial, aux humeurs et aux traits variés selon les régions. Notre relation avec cette masse immense et liquide remonte à l’émergence même de notre espèce. Depuis au moins 140 000 ans, les humains vivent aux abords des océans pour se gorger de sa nourriture abondante. Les océans ont permis le commerce, l’exploration et la colonisation de toutes les terres émergées. À notre époque, 40% de l’humanité vit à moins de 100 kilomètres des côtes. Les pêcheries procurent plus de 15% de l’apport alimentaire en protéines animales pour plus de trois milliards d’humain. La valeur économique des ressources dont recèlent les océans est prodigieuse, les seuls services procurés par les côtes — incluant le tourisme et la protection contre les tempêtes — étant évalués annuellement à près de 26 milliards de dollars.

Toutefois, les exploitations multiples auxquelles, collectivement, nous nous adonnons à l’égard des océans engendrent des effets que nous commençons à peine à mesurer. Bien des espèces océaniques ont été poussées à l’extinction sous la main de l’homme. La surexploitation des espèces marines entraîne des déséquilibres importants dans la chaîne alimentaire. Près de 90% des stocks de poissons sont exploités, surexploités ou effondrés. Entre 30% et 35% de l’extension globale des environnements marins critiques, comme les herbiers, les mangroves et les récifs de corail, ont d’ores et déjà été détruits. Il y a également ces innombrables substances que nous déversons dans les mers, engrais, pesticides, pétrole et plastique, causant des “zones mortes” dépourvues d’oxygène. Les déchets plastiques sont quant à eux confondus pour de la nourriture par les oiseaux et les poissons. Cela, sans parler des conséquences à long terme de l’évolution rapide du climat dont les océans continueront d’être accablés pour les millénaires à venir.

Mais tout n’est pas noir pour les océans. La superficie des aires protégées, l’une des mesures les plus efficaces pour sauvegarder les espèces menacées en leur procurant un refuge, connaît une augmentation fulgurante depuis les dernières années. Des écosystèmes sensibles, comme la Grande barrière de corail, au large de l’Australie, ou certains archipels de l’Océan Pacifique, comme les îles hawaïennes du Nord-Ouest, les îles Phoenix et les îles Galapagos, ou encore dans l’Océan Indien, telles les îles Chagos, bénéficient désormais d’une protection légale aux yeux de la communauté internationale. Aujourd’hui, plus de 1% des océans et des côtes sont ainsi protégées et, avec l’Objectif 11 d’Aichi, l’on vise 10% d’ici 2020. Les “Objectifs d’Aichi” constituent une sorte de consensus sur les actions à entreprendre d’ici 2020 pour sauvegarder la biodiversité. Ces actions, inspirées d’une vision partagée par tous les pays membres de la Convention sur la diversité biologique, sont ambitieuses et à grande échelle.

Nous avons besoin des océans comme les océans, à ce point dans leur histoire, ont besoin de nous. Toutefois, les mots sont du vent. Comme l’a un jour dit John Sawhill, “l’Histoire ne nous jugera pas tant pour ce que nous aurons créé que pour ce que nous aurons refusé de détruire”. Les océans ont été près de nous et en nous depuis des temps immémoriaux. À nous maintenant de veiller à leur avenir.

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